LAX – Chapitre 3 (Short Story en 4 actes *en Français)

Pour la premiere fois depuis mon arrivée à LA, j’allais passé ma nuit dans un vrai lit. Le séjour avait été hectic et j’avais passé plusieurs nuits sur des matelas par terre, chez des amis de Linda. Cela ne m’avait pas forcément dérangé, mais j’étais quand meme contente de pouvoir profiter d’un peu due calme et d’intimité.

Kojo m’avait donné rendez-vous pour aller diner – Vu l’heure à laquelle le vol était le lendemain matin, il avait opté de rester a l’hôtel ce soir là avec sa fille au lieu de conduire. Les bagages étaient restées a l’aéroport et heureusement, j’avais un rechange dans mon sac a dos pour le vol du lendemain. J’allais me débarbouiller, puis décidais d’appeler mon oncle Bernard afin de l’informer de mon retard et des nouveaux horaires d’arrivée. Nous avions prévu de nous rencontrer dans le lobby de l’hotel à 20h30.

A travers ma fenêtre d’hôtel, j’observais la nuit qui commençait à tomber: le ciel aux teintes chaudes, presque incandescentes, parsemé de nuages formant un effet fibreux, annonçait sans doute la pluie ou un brouillard matinal. J’étais impatiente de retrouver le ciel bleu de la Méditerranée, la plage de la Corbière avec mon amie Gina et les nuits blanches à danser sur des sons de DJ Alexis qui nous ambiançait avec des rythmes syncopés au Monkey Club – tout pour oublier la déception de ce voyage. Cependant, je voulais tout de meme relativiser. Après tout, peut être la véritable raison le destin m’avait mener à des kilomètres de Marseille était afin de rencontrer Kojo. Dans l’Alchimiste de Paulo Coelho, Santiago part a l’aventure vers les pyramides d’Égypte, et fini par se rendre compte que ce n’étais qu’une ruse de l’Univers. En “arabien*” ils disent Mektoub – “c’est écrit” – Cabrel en a même fait une chanson…

L’espace d’un instant, j’étais autre part: dans les bras de Kojo – ses lèvres contre les miennes, nos corps entrelacés. L’espace d’un instant j’étais quelqu’un d’autre: une femme fatale dont l’assurance indéniable lui permettait d’obtenir tout ce qu’elles désirait. La sonnerie du téléphone interrompu mon daydream. On m’attendais dans le lobby. J’attrapait mon gilet pour et me dirigeait vers l’ascenseur.

Malgré le fait d’avoir manger quelques heures plus tôt, Awa avait insisté d’aller “grab a bite out”. -“Do you like burgers” Kojo m’avait proposé. “Sure”… Awa voulais absolument aller chez In-N-Out Burger – one last time before going to Africa. Je ne connaissais pas cette enseigne, mais je dois dire que les hamburgers avait l’air pas mal. Malheureusement, je n’avais plus vraiment d’appétit après le barbecue; Kojo pris l’initiative de m’en commander un à emporter “for later”. J’avais tout de même la place pour un milkshake: the last one before France. Nous nous essayons sur la terrasse devant le fast food restaurant. Pendant le repas, j’appris que Awa voulais devenir un “entertainment lawyer” – avocat pour les stars, et que son séjour en Afrique ne serait que temporaire. Elle avait déjà des noms des universités auxquelles elle postulerait pour son undergrad, et l’école de droit dans laquelle elle voulais appliqué après obtention de son Bachelor Degree. Moi qui était 4 ans son ainée je n’avait aucun véritable projet. Je ne connaissais même rien aux différents cursus universitaires et leur débouchés. J’avais pourtant été une bonne élève pour la plupart de ma scolarité, et avait eut mon bac du premier coup. Après une années à la fac, ma première année d’indépendance, qui avait essentiellement consisté à assister à une poignée de cours, mais surtout passer des soirées entre potes dans les dortoirs des Gazelles à Aix-en-Provence et soirées étudiantes avec mes copines pour chercher des gavalos, je n’avais rien accomplit de “notable”. J’étais encore moins préparée à ma prochaine rentrée scolaire et n’avais aucune perspective immediate. Quand Kojo me demanda ce que j’étudiais, j’improvisais avec une assurance qui m’était propre, et malgré ma soudaine prise de conscience, que j’étais étudiante en science-éco à la faculté d’Aix-en-Provence avec un futur dans le commerce international. I felt like a fraud… Pour éviter les questions supplémentaires, je changeais précipitamment de sujet pour quelque chose de plus léger:

“Have you ever met celebrities in LA?” A Marseille je voyais les mecs d’en ville (Iam, la Fonky Family etc…), quand des fois j’accompagnais mon ami Igor (de son vrai prénom Jamel) au Bon Burger (la Rue, pour les intimes) vers Belsunce, mais ce n’était rien comparé aux stars américaines. Kojo partageais qu’une fois au ciné Awa et lui s’étaient retrouvé assis a coté de Montell Jordan

-“He is real tall” dit-elle.

“Montell Jordan from ‘This is How we do It?’” Je m’exclamais. C’était l’un des premier CD que reçu en cadeau de la part de ma grand mère. Elle l’avait d’ailleurs acheté a son escale a LA, dans l’aéroport. Je le connaissais toutes les chansons de cet album par coeur. Puis Awa dit qu’elle avait rencontré Kobe Bryant à un événement, et ajouta qu’il était encore plus beau en vrai qu’a la télé:

-“He IS soooo fine, and strong” dit-elle langoureusement et en plissant sa bouche. Je pouvais voir à sa posture qu’elle revivait le jour de “leur rencontre”. J’acquiesçais: je lui expliquais que j’étais amoureuse de lui et qu’il était mon futur mari:

“You see, his jersey number in LA Lakers is 8, and I was born 8/8 in Los Angeles: it is a sign.” Kojo nous regardait nous chamailler d’un air réprobateur. Je ne sais pas si c’était parce que sa fille de 15 ans parlais d’un homme devant lui ou qu’il étais jaloux que j’avais des vu sur Kobe. Kojo nous cassa notre délire en nous informant qu’il avait surement déjà plein de groupies, mais que “we could dream” – -“don’t be a hater” lui dis-je en rigolant. Il me regarda du coin de l’oeil et me souris: tu sais quand une chaleur intense s’empare de toi depuis ton ventre et se propage a 100 à l’heure d’une extrémité a l’autre de ton corps? comme ça. J’eu du mal a garder mon cool, mais je lai tout de même fait.

Après quelques heures à rire et discuter nous décidions de rentrer a l’hôtel. Après tout, nous n’avions que quelques heures avant notre wake up call. Awa s’arrêta au 3eme étage, et Kojo proposa de m’accompagner à ma chambre pour être sur que “rien ne m’arrive” entre le 3ème et le 6ème étage. – “You never know” – “See you tomorrow, Awa”. La porte de l’ascenseur se referma et pendant les quelques secondes qui nous séparaient du prochain étage, Kojo et moi étions silencieux. – “So you mentioned you were born here, in LA?” Il demanda, brisant le silence pesant. Je lui expliquais que ma mère était Française, mais qu’elle habitait aux Etats Unis pendant près de 10 ans. Elle avait rencontré mon père ici, à la fin des années 70 – elle n’avait jamais parlé de ce sujet ouvertement – et malgré mes questions jamais réellement données de véritables réponses – j’avais donc décidé de prendre le taureau par les cornes, et faire mes propres recherches. J’était venu passer un mois ici afin de le trouver. Une de ses amies, Linda, après avoir consulté des dossiers à la DMV, avait trouvé un homme au même nom à San Francisco – nous y étions allé. Malheureusement, la personne n’habitait plus à cette adresse et nous étions revenue bredouille.

– “It must have been disappointing, I am sorry”.

Ces mots d’empathie me touchèrent. Soudain je me rendais compte de tout ce que j’avais enduré pendant ces dernières semaines, pendant toutes ces années. J’étais en colère par les injustices et surtout les le refus de transparence et honnêteté de ma propre génitrice. Allez savoir: sa peur du jugement l’empêchait peut être cette décence à mon égard. Tant de temps perdu, pour quelles raisons? Frustrée, je versais une larme. Kojo s’approchât et me pris dans ses bras. Comme par magie, les choses allaient instantanément mieux. Ah la jeunesse…

– “It’s going to be ok, I am sure one day you’ll find him.” – “Maybe… I hope so.” je souris

-“So, anyway did you enjoy your day?”

-“No: it was even better! I had a blast, it was amazing! Thank you so much for inviting me”. Je n’avais pas vraiment les mots pour articuler toutes les émotions qui s’emparaient de moi.

“Yeah, I saw you were talking with Lonnie at the house party”

“Yes, he is a rapper and he was telling me about his group” -“Hmm ok”

-“Were you jealous?” Demandais-je en rigolant

“What if I were” La chaleur – frère – je bouillonais. L’intro de NTM – “La Fièvre” – bourdonnait dans ma tête. Les secondes passaient désormais au ralenti – quand il se pencha vers moi, j’eu cru mourir – métaphoriquement biensûr [je suis Marseillaise après tout]- une odeur subtile, le mélange exquis de son parfum et son odeur corporelle inondait mes sens quand il approcha ses lèvres de mon visage – et j’approchais mes lèvres de ses lèvres. Nos langues dansèrent la lambada – sur ta tête de ma mère. Je me croyais dans un clip de Joe.

Soudainement, il pris un grande respiration, s’excusa, puis pris la fuite.

Bouche bée – et confuse je refermais la porte de ma chambre derriere moi, puis me dirigeait vers la salle de bain pour prendre une douche froide. 

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Published by French Girl In Brooklyn

A blog about #ME: The Self-declared Woman of a Rich Ethnical and Cultural Background moving through life with a very unique lense - #WRECB

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